Résumé : pour des miroirs collés bord à bord, le 6 mm donne en général un rendu plus “pro”
car il est plus rigide : il se déforme moins sur un mur pas parfaitement plan, et les joints se voient moins
dans la continuité du reflet, contrairement au 4mm.
1) Planéité / effet “vague”
Dans la vraie vie, un mur n’est jamais parfaitement plan : micro-creux, bosses, enduit irrégulier, plaques légèrement cintrées…
Or un miroir collé “prend” en partie la forme du support. En 4 mm, le panneau est plus souple et peut fléchir
localement (surtout si le collage fait des zones d’appui). Résultat : en lumière rasante ou selon l’angle de vue, on peut percevoir des
déformations du reflet (lignes droites qui “cassent”, impression de vague).
Le 6 mm étant plus rigide, il “pont” mieux les petites imperfections et conserve une réflexion plus régulière.
2) Continuité du reflet entre plusieurs panneaux
Quand on pose un seul miroir, une légère différence de planéité peut passer inaperçue.
Quand on pose plusieurs miroirs côte à côte, c’est l’inverse : le joint devient un “révélateur”.
Si un panneau est très légèrement plus en avant / plus en arrière, ou s’il est un peu cintré,
on obtient une rupture de reflet au niveau de la jonction (les lignes ne se prolongent pas proprement d’un panneau à l’autre).
Avec du 6 mm, on réduit fortement le risque que chaque panneau “vive sa vie” et on facilite un rendu
plus continu sur toute la longueur.
3) Collage : points d’appui, épaisseur de colle et contraintes
Le collage miroir se fait souvent en cordons ou plots. Même quand on fait ça proprement, il existe toujours des
micro-variations d’épaisseur (un cordon un peu plus chargé, un support un peu poreux, un endroit plus creux…).
En 4 mm, ces différences peuvent “imprimer” une petite contrainte ou une micro-déformation.
En 6 mm, le miroir tolère mieux ces variations : la surface reste plus stable et le risque de “marquage” visuel est moindre.
4) Alignement des chants et “joints propres”
Dans une composition de miroirs accolés en alignement, on regarde autant le reflet… que la qualité des joints :
largeur régulière, chants bien droits, alignement parfait. Un miroir plus fin peut être plus sensible aux
petits défauts de découpe, aux micro-torsions en manutention et aux irrégularités du support.
Le 6 mm aide à garder des chants plus “stables” et à obtenir une jonction visuellement plus nette.
5) Durabilité : variations du support (hygrométrie / micro-mouvements)
Un mur (surtout sur cloison, ou dans des pièces humides) bouge un peu : dilatations, retraits, humidité, vibrations…
Sur une grande surface miroir fractionnée en plusieurs panneaux, ces micro-mouvements peuvent créer des
contraintes au niveau des chants/joints. Le 6 mm, plus rigide, encaisse en général mieux ces sollicitations
et limite les risques de défauts visuels qui apparaissent “avec le temps”.
6) Quand le 4 mm reste pertinent (cas où ça marche très bien)
Le 4 mm peut être un bon choix si :
• les panneaux sont petits ou modérés,
• le support est parfaitement plan (ragréage fin, ou panneau rapporté type MDF/CP de qualité),
• le collage est maîtrisé (pas de sur-épaisseurs, pas de points d’appui irréguliers),
• l’exigence esthétique est “standard” (pas de recherche de continuité parfaite).
En pratique, dès qu’il y a un doute sur la planéité ou que l’esthétique compte (retail, hôtel, déco haut de gamme),
le 5/6 mm est souvent l’option la plus sûre.
À retenir : le choix “6 mm” est moins une question de solidité brute qu’une question de
qualité de reflet et de tolérance aux défauts réels du support, surtout quand plusieurs miroirs doivent
former un ensemble visuellement continu.